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Diriger n'immunise pas contre le doute

La fonction dirigeante place parfois celui ou celle qui l'exerce dans une situation singulière pas toujours confortable.

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Il faut décider, assumer les conséquences, donner de la visibilité aux autres lorsque soi-même on en manque, porter certaines inquiétudes que l'on ne souhaite pas nécessairement partager avec ses collaborateurs...

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La difficulté ne tient donc pas seulement au niveau de responsabilité. Elle tient aussi au fait que certains problèmes deviennent plus difficiles à formuler et à partager lorsque l'on occupe la position la plus haute dans l'organisation.

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Je reçois toute personne confrontée à une difficulté professionnelle, mais je porte une attention particulière aux entrepreneurs et aux dirigeants.

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Mon parcours professionnel m'a en effet conduit (et me conduit toujours) à travailler avec des chefs d'entreprise et des cadres dirigeants. Ma formation en gestion et management m'a également familiarisé avec le fonctionnement des organisations.

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J'approfondis aujourd'hui ce travail dans le cadre de recherches universitaires consacrées à la fonction dirigeante.

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Bien entendu, cette connaissance ne constitue pas une compétence thérapeutique supplémentaire. Elle participe cependant à l'élaboration d'une culture entrepreneuriale qui peut s'avérer précieuse : certains enjeux peuvent être compris sans devoir préalablement expliquer longuement la réalité de la fonction.

Des difficultés spécifiques

Les dirigeants peuvent rencontrer les mêmes difficultés que tout professionnel. Certaines prennent toutefois une forme particulière.

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• Solitude dans la décision — Vous disposez d'interlocuteurs, mais vous ne pouvez pas toujours leur exposer librement vos doutes ou vos intentions.

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• Peur de l'échec — L'échec possible engage votre réputation, vos finances, votre projet et parfois l'emploi d'autres personnes.

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• Responsabilité financière — Les échéances, la trésorerie ou la pérennité de l'activité deviennent une préoccupation constante.

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• Impossibilité de décrocher — L'entreprise reste présente dans votre esprit parce qu'aucun moment ne paraît entièrement dégagé de votre responsabilité.

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• Conflit avec un associé — Un désaccord stratégique ou relationnel menace à la fois le fonctionnement de l'entreprise et une relation souvent ancienne.

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• Difficulté à se séparer d'un collaborateur historique — La nécessité de protéger l'organisation entre en conflit avec la loyauté ou l'histoire partagée.

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• Sentiment d'imposture — La réussite ou la croissance augmente la crainte de ne plus être capable d'assumer le rôle attendu.

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• Difficulté à exercer son autorité — Vous hésitez à imposer un cadre, à recadrer ou à décider lorsque cela risque de détériorer une relation.

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• Surinvestissement — Vous compensez l'incertitude ou la responsabilité par davantage de travail, jusqu'à rendre la récupération difficile.

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• Tensions dans une entreprise familiale — Les rôles professionnels, les liens familiaux et l'histoire personnelle deviennent difficiles à séparer.

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• Perte de sens malgré la réussite — L'entreprise fonctionne, mais ce succès ne répond plus à la question de ce que vous souhaitez vivre.

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• Difficulté à envisager une cession — Vendre ou transmettre oblige à penser la séparation avec une organisation qui porte une part de votre histoire.

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• Inquiétude liée à la pérennité de l'entreprise — Chaque aléa économique est vécu comme une menace dont vous portez personnellement les conséquences.

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• Confusion entre identité personnelle et identité de l'entreprise — Ce qui arrive à l'entreprise détermine progressivement la valeur que vous vous accordez à vous-même.

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Ma posture d'intervenant

Je n’interviens pas comme conseil auprès du dirigeant : je ne lui indique pas quelle décision prendre.

J'aide le dirigeant à traverser psychologiquement l’épreuve en essayant de lui redonner les ressources nécessaires pour décider avec davantage de liberté et de discernement.

Mon rôle n’est ni de le convaincre ni de l’orienter, mais de lui permettre de redevenir pleinement acteur de sa décision.

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